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Thérapies complémentaires, le neurofeedback dans Le Monde sciences du 2 mars 2015

3 mars 2015 par Luci Sogorb

Thérapies complémentaires.

Plaidoyer pour les pouvoirs de l’esprit

LE MONDE SCIENCE ET TECHNO |  |Par Sandrine Cabut

Réduire les symptômes du trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H) avec le neurofeedback, freiner la progression d’une maladie de Parkinson grâce à la musique et la danse, méditer pour lutter contre l’anxiété ou la douleur… Longtemps dénigrées par le milieu médical, les techniques « corps-esprit » sont en train de gagner leurs lettres de noblesse, grâce à des évaluations scientifiques rigoureuses qui démontrent leurs effets tangibles dans de nombreuses pathologies, mais aussi pour améliorer le bien-être. C’est à un tour d’horizon passionnant des connaissances sur ces thérapies complémentaires que nous convie Michel Le Van Quyen, dans son ouvrage Les Pouvoirs de l’esprit. Chercheur spécialiste de l’épilepsie à l’Institut du cerveau et de la moelle épinière (Paris), élève du neurobiologiste chilien Francisco Varela – pionnier des sciences cognitives –, l’auteur détaille toutes ces méthodes qui ont pour point commun d’encourager « le patient à s’impliquer directement et à explorer lui-même sa propre voie de guérison, en optimisant ses propres capacités autorégulatrices ».

Résultats stupéfiants

Les résultats sont parfois stupéfiants. Ainsi, relève le chercheur, parmi les épileptiques réfractaires aux médicaments, un sur deux a en réalité la faculté d’autocontrôler ses crises, d’abord en identifiant une sensation annonciatrice de celles-ci, puis en adoptant des contre-mesures. Elles sont multiples : motrices (se lever et marcher), respiratoires, sensorielles (respirer un parfum par exemple), verbales (répéter des sons)… Apprendre ces stratégies impose toutefois un entraînement sur plusieurs mois, voire plusieurs années, précise Michel Le Van Quyen. Il souligne aussi les effets prometteurs, toujours pour l’épilepsie, du neurofeedback. Née à la fin des années 1950 aux Etats-Unis, cette méthode vise à piloter son cerveau en temps réel, en utilisant une technique d’électroencéphalographie, ou plus rarement d’imagerie par résonance magnétique (IRM fonctionnelle). Selon ce spécialiste, le neurofeedback offre aussi des perspectives intéressantes pour le traitement des douleurs, du TDA/H et pour la régulation des émotions – par exemple chez les personnes atteintes de phobie sociale ou les psychopathes, qui ont un déficit dans les activations de régions cérébrales liées à la peur. Michel Le Van Quyen regrette toutefois que l’application du neurofeedback soit « quasi ignorée » en France, alors que « dans de nombreux pays, comme les Etats-Unis ou l’Allemagne, cette méthode fait le bonheur d’une large communauté scientifique et médicale ». « Il est grand temps d’élargir l’horizon de la science, afin de lui associer l’expérience humaine et les pouvoirs de transformation exercés par l’esprit. Faute de quoi, nos conceptions scientifiques deviendront, à terme, irréconciliables avec notre vécu et, tout particulièrement, avec notre expérience intérieure », écrit le chercheur dans son introduction. A la fin de ce livre, on en est aussi convaincu.

Les Pouvoirs de l’esprit, de Michel Le Van Quyen (Flammarion, 288 pages, 21 euros)

Journaliste au Monde

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Derniers commentaires

  • Sylvie Hamel 4 années agoReply

    Merci Luci, c’est un article qui m’avait échappé et le livre auquel il fait référence me semble particulièrement intéressant.
    Nous avons vraiment besoin de l’appui de certains membres du corps médical un peu moins arc-boutés sur leurs certitudes.
    Cordialement.
    Sylvie Hamel

    • Luci Sogorb 4 années agoReply

      Avec plaisir Sylvie,
      en effet, au vu des résultats qu’elle apporte, cette approche mériterait un peu plus de considération.
      Bien cordialement
      Luci


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